Les défis après la libération
Amalia Boe-Fishman était une enfant cachée aux Pays-Bas. Elle décrit un moment de panique lors de la libération. Elle se souvient des défis qu’elle a dû relever en quittant sa famille d’accueil après la guerre. (1 minute, 58 secondes)
Témoignage de Amalia B., 1996. Vancouver Holocaust Education Centre, extrait du témoignage AVT 122.
Transcription
[Texte : Amalia, une enfant cachée aux Pays-Bas, décrit un moment de panique lors de la libération et se souvient des défis qu’elle a dû relever en quittant sa famille d’accueil après la guerre.]
Intervieweur : Vous souvenez-vous d’autre chose dont vous pourriez me parler à propos de votre temps passé à vous cacher?
Amalia Boe-Fishman : Non, je me souviens probablement davantage de l’époque où les Canadiens ont libéré la Hollande. Je m’en souviens peu parce que j’ai dû avoir une mauvaise expérience.
Je suppose que c’était peut-être parce que c’était ma première occasion de sortir en ville. Alors, mes grandes sœurs adoptives m’ont emmenée en ville et à Leeuwarden, et, comme dans toutes les autres villes des Pays-Bas, il y a des fossés autour de la ville, donc il faut toujours passer par des ponts pour entrer dans la ville.
Apparemment, ils m’ont emmené sur l’un des ponts menant à la ville. Et puis, soudainement, une sorte de panique s’est emprise des gens. Comme si les Allemands étaient revenus ou quelque chose comme ça.
Et apparemment, tout le monde piétinait sur le pont. Je ne sais pas si le pont a vraiment bougé ou non, mais j’ai dû subir un tel choc qu’après la guerre, quand j’étais chez mes parents, je n’osais plus traverser aucun pont.
Intervieweur : Wow!
Amalia Boe-Fishman : Il a fallu beaucoup de temps à ma mère, un pas à la fois, pour me faire traverser le pont.
Alors, je me souviens bien de cette période. Et je me souviens aussi de la période qui était probablement la plus difficile, où j’ai dû retourner dans ma famille biologique. Et je suis certaine que vous en avez entendu parler par beaucoup d’autres personnes. Je me souviens que j’étais censée rencontrer mon père et que je me suis enfuie, et que j’étais accrochée à une clôture quand ils ont essayé de m’emmener. Et je me souviens être tombée dans des mûriers sauvages ou d’autres arbustes du genre.
Cette péripétie m’a en quelque sorte marquée lors de mon retour dans ma famille biologique.