Le Projet des orphelins de guerre
Regina Feldman est arrivée au Canada dans le cadre du Projet des orphelins de guerre. Elle décrit les défis auxquels elle a été confrontée lors de son installation à Vancouver. (3 minutes, 7 secondes)
Témoignage de Regina F., 1990. Vancouver Holocaust Education Centre, extrait du témoignage AVT 95.
Transcription
[Texte : Arrivée au Canada dans le cadre du Projet des orphelins de guerre, Regina décrit les défis auxquels elle a été confrontée après son installation à Vancouver.]
Regina Feldman : Mon arrivée à Vancouver a également été décevante.
Ma future famille à l’époque, qui était censée être à la maison et m’attendre, n’était pas à la maison, ne m’a pas attendu. Nous sommes arrivés avec les valises en main et nous sommes montés, mais il n’y avait personne à la maison.
Alors, je me souviens qu’ils ont laissé la valise dans l’escalier et ils m’ont ramené en voiture.
Ils m’ont conduite à son magasin. Elle avait un magasin sur la rue Kingsway. Et je suis restée assise là jusqu’à l’heure de fermeture. Et puis je suis rentrée à la maison avec eux.
Intervieweur : Qui étaient-ils?
Regina Feldman : M. et Mme Harry Brooke. Ils sont tous les deux décédés.
Ce n’était pas facile pour eux non plus. Ils étaient déjà âgés, je crois que maman devait avoir mon âge à l’époque. Et papa avait environ 14 ou 15 ans de plus que maman.
Alors, voilà, une jeune fille de 15 ans, 15 ans et demi, dans leur maison.
Leurs deux fils ont grandi, et l’un d’eux s’est marié et a poursuivi sa vie. Et pourtant, ils m’ont donné un foyer, et ils ont été très gentils avec moi, Jean. Je ne peux pas nier le fait qu’ils ont été gentils avec moi.
Mais je n’ai pas pu m’adapter à leur mode de vie. Ce n’était pas mon mode de vie. Maman était une femme d’affaires. Alors que j’avais besoin d’une mère.
Et elle ne pouvait pas me donner ça.
Avec papa, je m’entendais mieux parce qu’il était à la retraite et restait à la maison. Alors, nous étions un peu plus proches.
Mais je n’ai pas pu plaire à maman. Peu importe ce que je faisais, je n’arrivais pas à lui plaire. Donc, je suis arrivée en février. Je suis allée à l’école. Je suis restée avec eux jusqu’à la fin de l’année.
Je me souviens, j’ai fêté mon 16e anniversaire chez elle. Elle avait invité quelques amis.
Je suis allée à l’école pendant cette période. Elle m’a inscrit à l’école Prince of Wales.
Je me souviens que le nom du professeur était M. Clark. J’ai aussi une photo de lui. Et j’ai étudié. Je voulais vraiment apprendre l’anglais. Il faut prendre conscience de tous ces différents pays et apprendre leurs langues.
Et à la fin de l’année, j’ai réalisé que je ne pouvais pas rester avec eux. Ce n’était tout simplement pas ce que je… Je voulais être plus indépendante.
Alors, je suis retournée au Congrès juif et j’ai parlé à Jean pour lui demander de me trouver un travail. Je lui ai fait part de mon désir de déménager et payer moi-même pour mes dépenses.