Serge a écrit cette carte postale à sa mère en 1943 et l'a envoyée au camp de Drancy où elle était détenue.  Toutefois, elle a été renvoyée avec les mentions « Refusé par la censure » et « Retour à l'envoyeur ».  

Lors de la rafle du Vélodrome d'Hiver en 1942, la police française ordonne à la famille Wajnryb de faire ses bagages pour être « déplacée ». La mère de Serge lui retire son badge avec l'étoile de David et lui dit de fuir Paris pour aller à la campagne.  

Serge, onze ans, a passé six mois caché dans une famille à Neuvy-en-Sullias. Puis son oncle l'a fait passer clandestinement en France de Vichy, où il a survécu au reste de la guerre en se cachant à différents endroits.  

Pendant ce temps, la mère de Serge et son frère Édouard, âgé de trois ans, ont été emmenés au camp de transit de Drancy, en banlieue parisienne. Ils ont été déportés séparément au camp de la mort d'Auschwitz, où Édouard a été assassiné à son arrivée. 

Don de Serge Vanry au Vancouver Holocaust Education Centre. 2002.014.001 

Transcription

[Texte original en français] 

[Verso] 

Ma chère maman, 

 Les dernières nouvelles qui nous sont parvenues de toi étaient une joie pour moi de te savoir en bonne santé ainsi que dans un bon moral en plus de te savoir toujours au même endroit, ce qui me fait espérer de plus en plus que notre séparation n'est que pour une courte durée ensemble avec le petit Doudou. Les nouvelles de papa sont rassurantes pour moi. Quant à moi, je suis très bien chez ma tante Renée. Je vais au collège avec André et j'apprends bien. Je te quitte dans l'espoir de nous revoir bientôt. En attendant, je t'embrasse bien tendrement. 

Ton petit Serge