Serge Vanry avait neuf ans lorsque l’Allemagne nazie a envahi Paris. Il décrit l’effort de propagande de l’Allemagne. Il réfléchit sur l’antisémitisme présent en France. (3 minutes, 58 secondes)  

Témoignage de Serge V., 1990. Vancouver Holocaust Education Centre, extrait du témoignage  AVT 101

Transcription

[Texte : Serge avait neuf ans lorsque Paris est tombée sous l’occupation nazie. Il décrit l’antisémitisme présent en France et la puissance des efforts de propagande de l’Allemagne au sein des territoires occupés.]  

Serge Vanry : Je me souviens que les gens disaient, même si, comme vous l’avez dit, je n’avais que neuf ans, vous me l’avez rappelé d’ailleurs… je me souviens que les gens disaient de nous et de notre famille « Vous êtes vraiment des gens très gentils ». « Vous êtes différent des autres. » Ces gens nous connaissaient.   

Et parce qu’ils nous connaissaient personnellement, nous étions acceptés. Mais pas les autres.   

Les autres représentaient ce que la propagande allemande leur montrait. Ces gens croyaient cette propagande qui était présente partout.   

Elle était présente sur les affiches, dans les films, à la radio, dans les journaux, partout. La propagande s’est intensifiée en véhiculant que les Juifs s’empareraient des entreprises et priveraient les gens de leur droit à la vie. Ils étaient prêteurs d’argent, ont pris le pouvoir et ont tout accaparé.   

Et c’était incroyable de constater à quel point la propagande était puissante et à quel point on la retrouvait partout où l’on allait. Et je me souviens même qu’on m’a emmené, je ne me souviens plus par qui, voir un film, et qu’il y a avait de la propagande pendant environ 15 à 20 minutes avant la projection du film.   

Je me souviens avoir vu ça et m’être dit : « Est-ce que mon peuple est vraiment comme ça? » Est-ce que je suis comme ça? Mais la propagande était certainement présente partout.