Cette carte retrace la fuite de la famille Gottfried pour échapper aux persécutions nazies en Europe. Ils ont vécu à Vienne, en Autriche. Lorsque l'Autriche a été annexée par l'Allemagne nazie, ce qu'on appelle l'Anschluss, la famille a décidé de partir. Après un long voyage, ils ont pu trouver refuge à Shanghai. Après la Seconde Guerre mondiale, la famille a immigré à Vancouver, au Canada. Explorez douze sites sur la carte.   

Carte

1. Vienne, Autriche

Portrait de la famille Gottfried (de gauche à droite : Leopold Gottfried, Gerda tenant la main de sa mère Chaje, Manfred et Lori).
Portrait de la famille Gottfried. De gauche à droite : Leopold, Gerda, Chaje, Manfred et Lori.

Dans les années 1920, plus de 200 000 Juifs vivaient à Vienne, en Autriche. Il s'agissait de la troisième plus grande population juive d'Europe. Les Juifs avaient la citoyenneté autrichienne et servaient dans l'armée. Ils participaient à la vie culturelle et citoyenne du pays.  

Les Gottfried étaient une famille juive qui vivait à Vienne. Leopold Gottfried était un homme d'affaires prospère. Lui et sa femme, Chaje, ont eu trois enfants, Manfred, Lori et Gerda. 

L'Allemagne nazie a annexé l'Autriche en 1938. Par la suite, l'antisémitisme et les restrictions imposées aux citoyens autrichiens juifs ont augmenté. Après l'annexion par les nazis, la famille Gottfried a cherché un moyen de quitter l'Autriche.

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2. Gênes, Italie

Leopold, Gerda, Lori, Manfred et Chaje Gottfried sont inscrits sur le billet de troisième classe en italien.
Lettre de passage pour Leopold Gottfried et sa famille de Gênes à Shanghai

En janvier 1939, Léopold reçoit l'autorisation pour sa famille d'immigrer à Shanghai. La famille a voyagé en train de Vienne à Gênes, en Italie. De là, ils ont embarqué sur le paquebot Conte Biancamano. 

« Nous sommes d'abord allés en Italie en train, puis nous avons pris le bateau. Je me souviens du voyage en train, et aussi de toutes les autres personnes qui allaient à Shanghai. Nous étions à la fois tristes et soulagés de partir. Nous avons poussé un véritable soupir de soulagement lorsque nous avons franchi la frontière entre l'Autriche et l'Italie. » 

—Gerda Kraus (née Gottfried)  

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3. Shanghai, Chine

La mariée, Gerda, et le marié, Hans, sont assis à une table avec une grande bougie. Leurs parents, Chaje Gottfried, Irma Kraus et Leopold Gottfried, se tiennent derrière eux.
Photographie du mariage de Hans Kraus et Gerda Gottfried. Derrière eux se tiennent Chaje Gottfried, Irma Kraus et Leopold Gottfried.

Gerda a rencontré son futur mari, Hans Kraus, lors d'une soirée du Nouvel An à Shanghai. Bien que Hans travaillait à Nanjing, ils s'écrivaient régulièrement et essayaient de se voir lorsque c'était possible. Ils se sont fiancés en 1945 et se sont mariés en 1947.   

« Lorsque nous nous sommes mariés, les gens étaient encore très pauvres après la guerre. Mais nous avons fait de notre mieux. On pouvait par exemple louer de jolis cafés qui offraient un service de traiteur dans la mesure de nos moyens. Nous avions de la famille et des amis; j'ai une boîte pleine de félicitations de mariage. C'était un événement heureux et nous étions tous dans le même bateau. » 

—Gerda Kraus (née Gottfried)  

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4. Haïfa, Israël

Document avec la photo d'identité de Gerda au centre, tamponné par le représentant du ministère de l'Immigration de l'État d'Israël en Chine.
Ce document, délivré à Shanghai et valable pour un an, autorisait l'immigration de Gerda Kraus en Israël.

Le séjour de Hans et Gerda Kraus en Israël a été bref. L'État d'Israël nouvellement créé était en proie à des tensions et à des troubles. Gerda et sa sœur, Lori, s'ennuyaient aussi beaucoup de leurs parents et de leur frère, Manfred. Heureusement, Manfred a pu obtenir des autorités canadiennes la permission de parrainer l'immigration de ses deux sœurs et de leurs maris.  

« Mais c'était après la guerre, les gens étaient tellement pauvres. Ils nous en voulaient d'être là et de leur prendre leur pain. Et les nouveaux arrivants étaient mécontents de s'asseoir sur le sable dans une tente, sous la chaleur, avec les mouches, sans nourriture. Les gens qui vivaient là étaient donc aigris; il y avait toujours des frictions. » 

—Gerda Kraus (née Gottfried)

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5. Vienne, Autriche

Carte d'identité estampillée par la police de Vienne, avec les armoiries autrichiennes au centre et une photo de Hans Kraus.
Carte d'identité de Hans Kraus délivrée le 27 août 1949, lors de son séjour à Vienne.

Avant d'immigrer au Canada, Hans et Gerda sont retournés à Vienne pour obtenir leurs passeports. Le processus a été long. Ils ont tous les deux dû prouver qu'ils étaient des citoyens autrichiens légaux avant la Seconde Guerre mondiale. Ils sont restés à Vienne pendant près de quatre mois. Mais pour Gerda, le retour à Vienne ne lui a rappelé que de mauvais souvenirs.  

« J'étais remplie d'amertume, vous savez, et je me disais que partout où je marchais dans les rues, il devait y avoir du sang... Tout le monde dit qu'il faut pardonner et oublier, mais je ne pouvais pas oublier, et je ne pouvais pas pardonner. » 

—Gerda Kraus (née Gottfried)

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6. Paris, France

Document dactylographié en français avec deux timbres rouges de l'American Joint Distribution Committee (Comité américain de distribution conjointe) et des photos de Gerda et Hans agrafées au bas du document.
Ce document a été délivré par le service d'émigration de l'American Joint Distribution Committee (Comité américain de distribution conjointe) à Hans Kraus et Gerda Kraus (née Gottfried) pour leur émigration de Vienne au Canada en passant par Paris.

Hans et Gerda Kraus de même que Hugo et Lori Seeman ont quitté Vienne le 28 décembre 1949. Ils sont arrivés à Paris et sont partis le lendemain pour Le Havre afin de prendre leur bateau, le SS Samaria. 

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7. Le Havre, France

Le passeport de Hugo Seemann et de Lori Seemann avec les renseignements personnels sur le côté gauche et les photos d'identité et les signatures sur le côté droit.
L'intérieur du passeport d'Hugo Seemann et de Lori Seemann avec des tampons des fonctionnaires autrichiens en Chine et des fonctionnaires canadiens en Autriche attestant de leur immigration.

Le 30 janvier 1950, Hans, Gerda, Lori et son mari Hugo embarquent sur le SS Samaria pour se rendre au Canada.  

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8. Halifax, Nouvelle-Écosse

Pages du passeport d'Hugo Seemann et de Lori Seemann avec les tampons, les dates d'expiration et la mise à jour du lieu de résidence.
L'intérieur du passeport d'Hugo Seemann et de Lori Seemann avec les timbres de l'immigration canadienne à Halifax (Nouvelle-Écosse) attestant de leur statut d'immigrant reçu.

Hans et Gerda Kraus ainsi que Hugo et Lori Seemann sont arrivés à Halifax le 8 février 1950. Ils sont ensuite montés dans un train et ont traversé le Canada. Le voyage a duré six jours.  

« Nous sommes arrivés au Canada sur le Samaria. Puis, nous avons débarqué à Halifax et pris le train... Il faisait un froid glacial. L'Atlantique était très agité, vous savez. » 

—Gerda Kraus (née Gottfried)    

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9. Montréal, Québec

En caractères bleus sur fond beige, on peut lire : « Vos parents Krause et Zeeman arrivent à Vancouver mardi à 8 h 45 ».
Télégramme envoyé par la Jewish Immigrant Aid Society à Leopold Gottfried à Vancouver concernant le statut de Hans et Gerda Kraus et Hugo et Lori Seemann.

La famille passe par Montréal le 10 février 1950, lors de son voyage en train vers Vancouver, en Colombie-Britannique. 

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10. Winnipeg, Manitoba

Carnet de notes ouvert avec écriture sur les pages.
Le carnet de voyage de Hans Kraus avec un relevé des dates et des lieux.

Le 12 février 1950, le groupe arrive à Winnipeg, au Manitoba. Hans Kraus a consigné les détails de leur voyage dans un petit carnet.

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11. Edmonton, Alberta

Pages du passeport de Hugo et Lori Seemann avec des tampons de visa canadien et des renseignements personnels.
L'intérieur du passeport de Hugo et Lori Seemann contenant des tampons de visa d'Israël, de Shanghai, d'Autriche, de France, du Canada, des États-Unis et d'Italie.

Le 13 février 1950, ils arrivent tous les quatre à Edmonton, en Alberta. C'était leur dernière étape avant de rejoindre leur nouveau domicile à Vancouver.  

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12. Vancouver, Colombie-Britannique

Gerda, Lori et leur mère Chaje, vêtues de manteaux de fourrure, posent sur une pelouse avec pour toile de fond l'océan, les montagnes et la forêt.
Gerda Kraus (née Gottfried), Lori Seemann (née Gottfried) et leur mère Chaje sur une plage près du parc Stanley à Vancouver.

Après presque un an de séparation, Gerda Kraus et Lori Seemann ont retrouvé leur frère et leurs parents à Vancouver. Elles sont restées à Vancouver avec leurs maris. Plus tard, les membres de la famille sont restés très unis, voyageant et célébrant ensemble.  

« Ma sœur et moi n'avons que trois ans d'écart et nous sommes restées proches pendant toutes ces années. Toujours, même quand nous étions enfants. Nous n'avons jamais eu de disputes. Il y avait parfois de la rivalité entre nous. Nous aimions Freddy [Manfred], nous nous aimions les uns les autres. Nous étions une famille pleine d'amour. » 

—Gerda Kraus (née Gottfried)   

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