Lola Mendelson était originaire de Cracovie, en Pologne. Elle décrit le rationnement alimentaire et le travail forcé qui avaient lieu dans un sous-camp de Buchenwald à Leipzig. (2 minutes, 4 secondes)   

Témoignage de Lola M., 2013. Vancouver Holocaust Education Centre, extrait du témoignage AVT 272.

Transcription

[Texte : Lola, une survivante de Cracovie, en Pologne, décrit le rationnement alimentaire et le travail forcé qui avaient lieu dans un sous-camp de Buchenwald à Leipzig, en Allemagne. Avant d’arriver à Leipzig, Lola a été emprisonnée à Auschwitz et à Ravensbrück.]  

Lola Mendelson : Chaque jour, nous recevions un quart de pain. Je vous explique : cֺ’était un petit pain divisé en quatre parts. Ils étaient déjà coupés comme ça. Ce quart de pain, du pain noir, n’était pas très bon, c’était très… comme de la colle, je ne sais pas comment l’expliquer.   

Et ils nous donnaient du café, du café noir et une soupe, ou quelque chose comme ça. Le café était horrible, je n’en buvais jamais. Et c’est à peu près [tout].   

Intervieweur : Et c’est tout ce que vous mangiez dans toute la journée?  

Lola Mendelson : Ce morceau de pain devait suffire jusqu’à la fin de la journée.  

Intervieweur : Est-ce que vous receviez un autre morceau de pain à la fin de la journée?  

Lola Mendelson : Non, le lendemain matin.  

Intervieweur : Alors vous ne mangiez qu’un seul repas?  

Lola Mendelson : Oui, un repas par jour.  

Intervieweur : Et combien de temps duraient les quarts de travail que vous travailliez?  

Lola Mendelson : Douze heures. Douze heures la nuit et douze heures le jour. C’était vraiment difficile pour moi. J’étais toujours fatiguée parce qu’ils nous réveillaient à l’intérieur vers 4 heures du matin, à 5 heures nous devions être dehors et attendre que les SS avec les fusils entrent et nous conduisent à l’usine. Nous devions marcher.   

Ce n’était pas très loin, mais c’était assez loin de l’endroit où nous dormions. Il faisait vraiment froid pendant que nous attendions, alors nous essayions de nous réchauffer en, vous savez… [bruit de mains qui se frottent] et quand nous arrivions à l’usine, il faisait plus chaud, donc nous étions mieux. Et c’était la même chose au retour le soir.   

Nous attendions encore quelques heures dehors avant qu’ils nous ramènent, ils ne se pressaient pas.