Rita Akselrod vivait avec sa famille à Bacău, en Roumanie. Elle était enfant lorsqu’elle a été obligée de porter une étoile jaune. Elle se souvient de ses expériences d’antisémitisme avec ses camarades enfants. (1 minute, 41 secondes)   

Témoignage de Rita A., 1984. Vancouver Holocaust Education Centre, extrait du témoignage AVT 58

Transcription

[Texte : Rita était une enfant vivant avec sa famille à Bacău, en Roumanie, lorsqu’elle a été forcée de porter une étoile jaune. Elle se souvient de ses expériences d’incidents antisémites avec ses camarades enfants.]  

Intervieweur : Pendant tout le temps qu’a duré la guerre, des restrictions ont été appliquées progressivement. Est-ce que ces restrictions comprenaient le port d’une étoile jaune?   

Rita Akselrod : Oui. Je me souviens que ma mère l’avait cousue. Oui. Je me souviens que je détestais ça. Et je me souviens que nous n’étions pas censés aller dehors après six heures, mais j’aimais aller voir mes amis. Alors, nous avions l’habitude d’escalader les clôtures pour aller voir nos amis.   

Intervieweur : Enleviez-vous l’étoile ou vous la portiez tout le temps?   

Rita Akselrod : Je devais la porter. Ma mère me disait que je ne pouvais pas l’enlever. Vous savez, à cette époque, si notre mère ou notre père nous disait non, nous ne posions pas de questions. Aussi, je ne me souviens pas avoir demandé pourquoi. Ma mère a dit que nous ne pouvions pas l’enlever, qu’il fallait la porter. Alors, on la portait. Mais je me souviens que, lorsque je l’ai porté le premier jour, des gens nous ont jeté des pierres lorsque nous traversions un jardin public au centre-ville. Et puis deux groupes ont commencé à se former. Alors, quand ils ont commencé à nous jeter des pierres, nous nous sommes cachés derrière la clôture. Nous leur jetions des pierres nous aussi. J’aime toujours riposter. J’ai toujours été une battante.   

Intervieweur : Vous ne vous êtes donc pas laissé faire?   

Rita Akselrod : Non, je leur lançais des pierres en retour. Je ne crois pas avoir blessé qui que ce soit. Et personne ne m’a blessé non plus. Mais j’ai toujours essayé de riposter.