Len Daniel n’a pas pu fréquenter l’école de médecine en raison des lois nazies antisémites. En 1936, il travaille comme apprenti dans un magasin de chaussures. C’est là qu’il a été témoin de « l’aryanisation » des entreprises appartenant à des Juifs en Allemagne. (1 minute, 56 secondes)  

Témoignage de Len D., 1984. Vancouver Holocaust Education Centre, extrait du témoignage audiovisuel 37. 

Transcription

[Texte : Étant donné qu’on lui interdisait d’étudier la médecine en vertu de la législation antisémite d’avant-guerre des nazis, Len a entrepris, en 1936, son apprentissage dans un magasin de chaussures où il fut témoin de « l’aryanisation » des entreprises appartenant à des Juifs en Allemagne.]  

Len Daniel : Le gouvernement nazi de l’époque envoyait des membres du parti pour reprendre des entreprises, non pas pour les reprendre en les achetant, mais pour y installer ce qu’ils appelaient, je crois, des gauleiters, qu’il fallait employer. Il s’asseyait dans le bureau pour observer et contrôler tout ce qui se passait. C’était donc une dictature au sein d’une organisation pour finalement tout prendre en charge.   

Intervieweur : Et quelqu’un occupant ce rôle est entré dans le commerce de ton père…  

Len Daniel : Non, le [commerce] de mon père était trop petit, c’était là où j’étais en apprentissage parce qu’il s’agissait d’une plus grande exploitation. Mais avec une personne [indiscernable], on ne peut pas faire grand-chose seul… il n’y avait pas d’employés.   

Intervieweur : Ça ne valait pas la peine de le faire à la boucherie, mais pour le magasin de chaussures…  

Len Daniel : C’est vrai, mon petit frère était avec mon père, et il y avait quelqu’un d’autre. Mais il y avait au total trois personnes qui y travaillaient, ce qui ne justifiait pas la venue de qui que ce soit. Et, au magasin de chaussures, nous en sommes arrivés à un point où personne ne disait rien, on ne pouvait plus bouger et on se sentait mal à l’aise, alors les gens ont commencé à quitter l’Allemagne.