Les entreprises juives aux Pays-Bas ont été saisies en janvier 1941. Louise Sorensen décrit la réaction de son père lorsqu’il a perdu son commerce de fourrure.  (1 minute, 45 secondes)  

Témoignage de Louise S., 2014. Vancouver Holocaust Education Centre, extrait du témoignage AVT 279

Transcription

[Texte : En janvier 1941, les entreprises juives des Pays-Bas ont été expropriées. Louise se souvient de l’expérience de son père lorsque son commerce de fourrure a été saisi.]  

Louise Sorensen : Ce jour-là, il est rentré à la maison en disant qu’un homme était entré dans son commerce, et a dit : « meine Namen ist Jäger, und das ist mein Geschäft, und ich werde sie erschießen… » Quelque chose comme ça, ce qui veut dire : « Je m’appelle Hunter, et à partir de maintenant, je suis responsable de ce commerce, et si tu causes des problèmes, je te tire dessus ». Mon père riait. Nous pensions, surtout au tout début, que les nazis étaient d’incroyables idiots, et qu’ils se comportaient de manière tellement ridicule. Il a dit, eh bien, il n’a pas tiré grand-chose de mon entreprise de toute façon, parce qu’il ne restait pas beaucoup d’actifs. Et il a continué en disant : « Ensuite, il m’a dit, Je vais te tirer dessus…, et son nom était Hunter (chasseur). » Donc, il trouvait que c’était tellement ridicule qu’il en riait, vous voyez. Et nous ne savions pas à l’époque… nous savions que nous avions des problèmes et que nous nous faisions voler et que nous risquions d’être harcelés et humiliés, parce que c’est arrivé ailleurs aussi, bien sûr. Nous n’avions jamais imaginé à quel point tout cela allait mal tourner.